14/10/2017

1er concours de Miss monde en fauteuil roulant

Résumé : Une compétition inédite s'est tenue le 7 octobre 2017 à Varsovie où 24 jeunes femmes de 19 pays, ont concouru pour décrocher le titre de Miss monde en fauteuil roulant. La Bélarusse a été couronnée mais toutes ont été "gagnantes". 

Par L'AFP pour Handicap.fr, le  


La première édition du concours Miss monde en fauteuil roulant (lien ci-dessous) a réuni à Varsovie le 7 octobre 2017 24 représentantes venues du monde entier.

Premier évènement du genre

"Nous sommes toutes gagnantes : nous nous sommes fait de nouveaux amis, nous avons vécu de nouvelles expériences, connu toute cette ambiance ensemble", a confié à l'AFP la Chilienne Maria Diaz, 28 ans, joueuse professionnelle de tennis en fauteuil roulant. "C'est la première occasion du genre pour montrer au monde que nous sommes capables de faire vraiment ce que nous voulons", souligne cette jeune femme victime d'un accident il y a dix ans, récompensée des titres Miss activité et Miss lifestyle designers.

Une miss sourire française

La couronne de Miss monde est allée à la Bélarusse Alexandra Chichikova, 23 ans, étudiante en psychologie et pédagogie sociale. La Sud-Africaine Lebohang Monyatsi et la Polonaise Adrianna Zawadzinska sont respectivement première et deuxième dauphine. "Luttez contre vos angoisses et vos peurs", a appelé la reine de la soirée dans un discours. La joueuse de football et mannequin française Nadjet Meskine a été élue Miss sourire. Lors de la soirée de gala, devant un millier de spectateurs, les candidates ont comparu dans trois tenues différentes : costume national, tenue de cocktail et tenue de soirée.

Un manifeste commun

Organisé à l'initiative de la fondation polonaise Jedyna Taka, le concours avait pour objectif de "changer l'image des femmes en fauteuil roulant, pour qu'elles ne soient pas définies à travers cet attribut, mais aussi d'insister sur le fait que, dans certaines parties du monde, le fauteuil roulant reste un luxe", a déclaré à l'AFP Katarzyna Wojtaszek-Ginalska, co-fondatrice du projet et co-présidente du jury."C'est un manifeste commun des femmes handicapées, pour dire qu'on n'a jamais demandé à être handicapées et (...) qu'on veut être considérées comme des personnes tout à fait ordinaires", insiste cette femme de 36 ans, elle-même en fauteuil.

Pas seulement le physique

Les candidates ont été soit pré-sélectionnées dans des concours nationaux soit choisies par des ONG contactées par la fondation polonaise. Chaque pays pouvait être représenté par deux candidates. Dans ce concours, "ce n'est pas le physique qui compte le plus. Certes, avoir un beau visage est important mais on se penche énormément sur la personnalité des filles, leur activité quotidienne, leur engagement, leur vie sociale, leurs projets", a expliqué Katarzyna Wojtaszek-Ginalska. Les candidates ont passé huit jours chargés dans la capitale polonaise avec des répétitions, des séances photo, des conférences et des visites de la ville. "Elles n'ont payé que le trajet vers la Pologne", se félicite Mme Wojtaszek-Ginalska.

Des histoires poignantes

C'est avant tout une rencontre entre vingt-quatre femmes, avec autant d'histoires poignantes : comme celle de la Finlandaise Kati van der Hoeven communiquant avec son mari avec des mouvements de pupilles, ou de la kinésithérapeute polonaise Beata Jalocha, blessée en 2013 lorsqu'un homme est tombé sur elle en se suicidant du septième étage d'un immeuble, ou de la Néerlandaise Mirande Bakker, victime d'une erreur médicale.

S'adapter et briller

La chorégraphie, complexe, a posé problème à plusieurs participantes. Comme lors de cette répétition où, montrant les mouvements à imiter, la chorégraphe demande qu'"on lève la main droite!""Je n'ai pas de main droite...", fait alors remarquer, en souriant, l'Américaine Jennifer Lynn Adams depuis son fauteuil roulant électrique qu'elle conduit à l'aide d'un joystick. "Je suis née presque sans mains et sans jambes. Je dois m'adapter à la musique, à la chorégraphie, mais c'est ok. Dans la vie, je dois m'adapter", a déclaré à l'AFP Miss America 2014 en fauteuil roulant. "C'est d'ailleurs mon message au monde : nous avons chacun quelque chose qui nous limite mais nous pouvons nous adapter et briller au-delà de ces limites".

Par Stanislaw Waszak

 

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Sur le web

31/07/2017

MarioWay, un fauteuil pour changer le rapport des handicapés au monde

(AFP) - Pendant près de 20 ans, Mario Vigentini a travaillé auprès de jeunes handicapés. Confronté à leurs problèmes quotidiens, cet Italien a eu l'idée de créer un fauteuil roulant complètement innovant afin d'améliorer leur vie et changer le regard porté sur eux.

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Ce fauteuil électrique sur deux roues --au lieu de quatre--, à l'assise ergonomique et au design moderne, s'inspire des Segway, ces moyens de transports électriques qui permettent de visiter une ville en restant debout.

Ses avantages: un guidage sans les mains, un confort amélioré, mais aussi une assise plus haute permettant à la personne handicapée d'être à la hauteur des valides et réaliser des tâches de la vie quotidienne, comme commander un café au comptoir d'un bar ou prendre un livre dans une étagère en hauteur, tâches quasi impossibles habituellement.

L'initiative a été présentée en juin aux ministres des Transports du G7 à Cagliari (Sardaigne) comme un exemple emblématique d'innovation au service de la mobilité.

L'objectif était de créer "un outil d'intégration sociale", explique à l'AFP Mario Vigentini, 45 ans, rencontré au siège de son entreprise à Bergame (nord).

Marioway est "le résultat de mon travail d'éducateur pendant près de 20 ans auprès de jeunes handicapés, tant mentaux que physiques, explique-t-il, ce fut une aventure extraordinaire".

Pourtant, "quand je les accompagnais en dehors du centre (...) je voyais que l'attitude des gens était pleine de préjugés. Dans le meilleur des cas, ils s'approchaient d'eux comme d'un enfant", raconte-t-il, comme si l'asymétrie physique créait une asymétrie relationnelle.

- 'Extraterrestre' -

Il réfléchit alors à la manière de changer les choses, et lui vient l'idée d'"essayer de mettre un siège ergonomique -- comme ceux venus des pays nordiques qui étaient très à la mode dans les années 90 -- sur un Segway".

"Neuf personnes sur dix à qui je parlais de cette idée me regardaient comme si j'étais un extraterrestre", raconte-t-il. Mais quelqu'un lui suggère de participer à un concours de start-up à Naples (sud) en 2012: il arrivera en finale.

De là, une équipe se met en place, travaillant notamment sur l'ergonomie, en collaboration avec une dizaine d'handicapés.

Dans un fauteuil traditionnel, "la personne se trouve dans une posture où tous les angles sont fermés. Les organes de la partie haute du tronc sont compressés", tandis que "la quasi totalité du poids repose sur l'ischion", un os du bassin, explique-t-il.

Une position qui "aggrave les pathologies des personnes handicapées et en induit d'autres, sur le plan digestif, respiratoire, urinaire ou circulatoire", note-t-il, ajoutant qu'elle favorise également l'atrophie des muscles des jambes.

"MarioWay fait exactement le contraire. Tous les angles sont ouverts, la partie haute du tronc est redressée..." avec tous les bénéfices inhérents pour la santé, affirme M. Vigentini.

- 'Dé-getthoïser' -

La mobilité est intuitive, MarioWay étant équipé de "capteurs qui lisent la position du corps": "Si je bouge légèrement en avant la partie supérieure du tronc, MarioWay avance légèrement, même chose pour bouger en arrière, tandis que pour aller sur le côté, il suffit de bouger légèrement le bassin à droite ou à gauche", explique Flaviano Tarducci, chargé du développement de l'entreprise.

Ce dispositif favorise l'autonomie, permettant de réaliser des gestes représentant jusqu'alors un parcours du combattant, comme ouvrir et passer une porte, ou transporter un verre, ou même de jouer au basket.

Dans le but de "dé-getthoïser" le fauteuil roulant, qui n'avait quasiment pas évolué en près d'un siècle, l'équipe a beaucoup travaillé sur le design -- un temps même avec une entreprise customisant des Harley Davidson.

En raison de l'importance du travail artisanal, MarioWay, qui a commencé à être commercialisé il y a quelques semaines, coûte 19.300 euros, alors que le prix d'un fauteuil roulant électrique va de 1.500 euros, pour un modèle très basique, à 30.000 euros.

Mais "nous faisons tout notre possible" pour atteindre un "prix plus démocratique" --l'objectif est autour de 10.000 euros-- en concluant un accord avec un partenaire industriel, précise M. Vigentini.

En rêvant qu'un jour MarioWay, qui se déplace à 20 km/h avec une autonomie de 30 kilomètres, puisse être utilisé dans les centres urbains, y compris par les valides, permettant ainsi de ne plus faire de différence entre handicapés et non-handicapés.

22/06/2017

Handi'chiens d'Alençon

ils ont trouvé leur nouveau meilleur ami

Un moment toujours très attendu et chargé d'émotion au centre Handi'chiens d'Alençon (Orne) jeudi 15 juin 2017 : la remise des compagnons à quatre pattes à leurs nouveaux maîtres.

Les larmes étaient au rendez-vous en ce jeudi 15 juin dans les locaux de l’association Handi’chiens à Alençon : le jour était venu de remettre douze chiens à leurs nouveaux maîtres, des personnes atteintes d’un handicap moteur. Pour qui ce chien va changer la vie…

Quelques jours pour faire connaissance

Après avoir brièvement rappelé les missions de l’association, le parcours du chien, tout d’abord en famille d’accueil puis auprès des éducateurs d’Handi’chiens, place à la remise tant attendue. Voilà plusieurs jours que les chiens sont au centre, en compagnie de leurs futurs maîtres. Pour faire connaissance mais surtout pour affiner les choix et les vœux de chacun.

Et puis c’est la délivrance : enfin, la personne handicapée découvre quel chien lui est attribué. Les larmes ne se retiennent pas. Impossible. Ce chien est plus qu’un chien d’assistance, il sera leur nouvel ami pour les années à venir. Celui que l’on va câliner les jours difficiles, celui avec qui on pourra jouer et même rire.

« C’est ce chien qu’il voulait »

Le papa d’Ethan a les yeux rougis. Son fils âgé de 11 ans vient de recevoir un magnifique Golden noir répondant au nom de Lipton.

Il confie :

« C’est celui qu’il voulait alors il est aux anges. Cela fait deux ans que l’on attendait. Ce chien va changer sa vie ».

Au côté d’Ethan, Amandine sourit : c’est chez elle que Lipton a grandie durant 16 mois. Famille d’accueil depuis dix ans, elle remet aujourd’hui son 7e chien. « L’émotion est toujours la même » assure la jeune femme.

Héloïse, 9 ans, est venue d’Elboeuf, en Seine-Maritime, avec ses parents. En entendant le nom de « Looping », elle s’effondre en larmes.

Sa maman explique :

« Elle s’est amourachée de ce chien durant la semaine de stage. C’est trop d’émotion et de bonheur ».

Maintenant, il faudra encore quelques jours pour terminer de faire connaissance, apprendre à faire route commune.

Héloïse ne lâche plus son ami « Looping » : désormais, ils sont inséparables. -

 

15/06/2017

Handicap: Il va parcourir 1.200 km en fauteuil

Handicap: Il va parcourir 1.200 km en fauteuil roulant sans assistance pour alerter l’opinion publique.

INITIATIVE Jean-Christophe Bellotti, handicapé, va relier Vitrolles (Bouches-du-Rhône) depuis Versailles (Yvelines) en fauteuil roulant…

Jean-Christophe Bellotti lors des tests avant le départ

Jean-Christophe Bellotti lors des tests avant le départ — Jean-Christophe Bellotti

  • Jean-Christophe Bellotti va rejoindre Vitrolles depuis Versailles en fauteuil roulant
  • Il souhaite sensibiliser l’opinion publique et les politiques à la situation des personnes handicapées, et notamment le cas de Robin, jeune foudroyé

Tout le monde lui dit qu’il est fou. Jean Christophe Bellotti, atteint du syndrome Ehlers Danlos, est parti le 1er juin de la région parisienne pour relier Vitrolles (Bouches-du-Rhône) en fauteuil roulant. Privé de l’usage de ses jambes et sujet à des hémorragies digestives en plus des douleurs au niveau de ses quatre membres, celui qu’on surnomme affectueusement Tracto trouve que « la vie est belle grâce à mes amis merveilleux qui me donnent la force de me battre. »

 

22/05/2017

SEPT A HUIT - LE TOUR DU MONDE HÉROÏQUE DE MARINE CONTRE LA SCLÉROSE EN PLAQUES

BATTANTE - Lorsqu'elle a eu 18 ans, la vie de Marine a basculé lorsque les médecins lui ont diagnostiqué une sclérose en plaques. Elle décide alors de partir en voyage autour du monde, pour se retrouver, se recentrer, regrouper ses forces pour faire face à la terrible maladie. Pour Sept à Huit, la jeune femme revient sur son expérience.

Les médecins lui ont proposé un traitement, elle a préféré voyager.  Marine n’avait que 18 ans lorsque sa vie a basculé : on lui apprend qu’elle est atteinte de sclérose en plaques. C’est en perdant la vue temporairement du "jour au lendemain" qu’elle découvre le mal dont elle est atteinte. Pour Sept à Huit, Marine revient sur ce douloureux moment : "On m’apprend d'un coup que je suis atteinte d’une maladie qui effraye, je pense, 99% des Français. Au début je crois que je ne réalisais pas du tout que j’avais ce truc-là". 

 

La sclérose en plaques, un mot "moche", un mot "qui fait peur". Par réflexe, Marine fait des recherches sur Internet. "La pire chose à faire", nous dit-elle.  Incompréhension, déni, colère… la jeune femme passe par tous les stades. "J’avais peur de l’étiquette qu’on risquait de me coller sur le front, dit-elle, ‘Marine, celle qui faisait plein de trucs avant, au final elle a une maladie qui peut la rendre handicapée du jour au lendemain’". 

La Nouvelle-Zélande, "pour le corps", la Birmanie pour "l’esprit" , la Mongolie "pour l'âme"

Complètement perdue face à ce tsunami qui remet en question son existence, la jeune femme prend une décision drastique. Elle attrape un sac à dos et décide de se lancer dans 3 voyages pour se retrouver, pour vivre : "Je me suis rendu compte de ce qui m’était proposé et qui pouvait être excellent pour d’autres personnes ne me convenait pas (…)". Contre l’avis des médecins, Marine se met alors en route pour la Nouvelle-Zélande, "pour le corps", en Birmanie pour "l’esprit" et en Mongolie "pour l’âme". 

 

Livrée à elle-même et n’étant pas franchement d’une nature aventureuse, elle va alors devoir se dépasser pour réussir son pari, soutenue dans sa démarche par une communauté qui suit son périple. 8 mois plus tard et de retour en France, cette force de la nature est revenue non pas guérie mais apaisée. "Je ne suis pas partie dans l’optique de me dire ‘je dois vite faire quelque chose avant de perdre mes  jambes’ (…) c’était vraiment pour me recentrer", conclut-elle

 
Oui, on peut ne pas en guérir. Mais ça peut aller bien aussi. Marine, 23 ans, atteinte de la sclérose en plaques

La maladie, "ma petite Rosie", comme elle l’appelle, ne progresse plus pour l’instant. "Le mot ‘maladie’ me fait un peu chier, explique-t-elle, car je trouve que c’est moche. Je préfère dire que quand ma petite Rosie est rentrée dans ma vie, elle m’a piquée de tous les côtés et je saignais comme pas possible".  Malgré l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de sa tête, Marine est bien décidée à se battre : "Rien n’est une fatalité. Et j’y crois vraiment à ça. Oui, on peut ne pas en guérir. Mais ça peut aller bien aussi".