21/04/2018

Chronique Croizon: véhicules insolites, mobilité sans limite

Des flasques insolentes

Mais Philippe, c'est quoi ces flasques sur votre fauteuil ?
Ce sont des flasques de roues révolutionnaires. En fait, des enjoliveurs pour fauteuil roulant super pratiques et esthétiques. Elles sont conçues par la jeune société Showheel, qui propose des couleurs et visuels à gogo, du très classique au plus tapageur. Il y a même la gamme Caustic, un brin provocatrice, avec des messages affichés sur les roues.

Et si vraiment aucun coloris ou motif ne plaît au client ? 
Il peut choisir de les personnaliser.

Leur fonction première n'est pourtant pas esthétique…
Non, elles permettent de protéger les doigts des rayons en recouvrant la totalité de la roue d'un fauteuil roulant manuel. Mais, ce qu'il y a de révolutionnaire, c'est qu'elles se posent et se retirent très facilement. On peut donc changer l'aspect de son fauteuil selon son humeur.

Quel est le prix pour les modèles standard ? 
Là aussi, c'est une révolution puisque, normalement, le coup d'une paire de flasques dépasse allègrement les 300€ et, là, cette jeune entreprise est capable de nous proposer un tarif ultra compétitif de 59,80€ pour deux flasques et 29,90€ l'unité. Vous pouvez ainsi afficher un design identique ou, au contraire, dépareillé.

Un fauteuil dans une valise

Qu'est-ce que vous cachez dans cette grosse valise ?
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est un fauteuil roulant électrique. Le SmartChair a plusieurs atouts. Léger, seulement 23 kg, pliable en quelques secondes, il se glisse facilement dans n'importe quel coffre de voiture. Son aspect sort aussi de l'image habituelle du gros fauteuil roulant électrique. Il est surtout hyper pratique pour le voyage avec sa valise pour les transports en avion.

Benur, char moderne
Voici un autre projet que je trouve tout simplement révolutionnaire. Après le Vélib' pourquoi pas le Handilib' ? Suite à un accident de la circulation en 2012, Joseph Mignozzi est resté cloué deux ans sur un fauteuil. Il a alors décidé d'inventer Benur, le premier handbike à assistance électrique sans transfert.

OK mais les handbikes ça existe déjà…
Oui mais tous les modèles disponibles sur le marché nécessitent de pouvoir se transférer du fauteuil roulant au vélo. Problème, une très grande majorité des personnes ne peuvent pas se transférer seules. Benur est donc un vélo électrique utilisable en toute autonomie, accessible directement en fauteuil roulant. On monte et on descend facilement, sans l'aide d'un tiers, comme dans un char romain !

Mais ce n'est pour le moment qu'un prototype ? 
Oui mais qui a fait ses preuves puisqu'il a déjà parcouru plus de 2 000 km en France. Benur permet d'accéder à des endroits inaccessibles en fauteuil, comme les plages, des villages aux ruelles pavées et pourquoi pas de faire l'ascension du col du mont Ventoux. Un vrai « tout terrain » increvable qui peut aussi s'utiliser en tandem. Il peut aller jusqu'à 25 km/h et parcourir jusqu'à 130 km en autonomie.

Ce tour de France a surtout permis de valider le nouveau cahier des charges pour le nouveau Benur.
En effet, il se perfectionne avec une 2e version, nettement plus design. Lignes épurées, couleurs peps, Benur suscite l'envie et la sympathie partout où il passe. C'est bien la première fois qu'un équipement médical a un look d'enfer !

La vocation de Benur, c'est apparemment le partage. Alors pourquoi pas une formule en libre-service ? 
Oui, c'est l'objectif de ses concepteurs. Des vélos à dispo partout où les personnes à mobilité réduite peuvent en avoir besoin, au même prix que les vélos en libre-service classique. L'idée, c'est de rendre l'espace public accessible au plus grand nombre. Aujourd'hui, 43 villes en France proposent des vélos en libre-service ; alors pourquoi pas des stations de location Benur ?

Mobile Dream, transfert facile

Vous allez maintenant nous présenter un engin fort sympathique, le Mobile dream ?
Oui, un vrai coup de cœur ! C'est un véhicule électrique à 4 roues motrices conçu pour les personnes à mobilité réduite ; elles peuvent se transférer facilement grâce à une version avec tablettes escamotables. Son autonomie est incroyable, jusqu'à 200 km avec les batteries nouvelle génération.

Il existe même une version adaptée aux personnes tétraplégiques ? 
Oui, c'est justement pourquoi ce produit est là devant nous aujourd'hui. Pour moi c'est la révolution de l'autonomie pour les personnes avec un lourd handicap. Il se conduit avec un joystick, la liberté totale, les balades en famille…

Et en matière de tenue de route ? 
Le constructeur, Lazelec, promet une très bonne gestion du devers, avec une remarquable stabilité. Ses pneumatiques VTT (20 pouces) lui permettent d'accéder à tous types de chemins. Presqu'aucun obstacle ne résiste au Mobile dream !

Tandikart, sensations fortes

Pour les amateurs de sensations fortes, vous allez maintenant enclencher la vitesse supérieure avec ce kart adapté ?
Oui, il s'appelle le Tandikart, fabriqué au sein des ateliers de Carta-Rouxel. Destiné aux personnes à mobilité réduite, il a été développé en collaboration avec le Centre de l'hôpital de Garches. Entièrement conçu autour du « patient », il bénéficie de différentes techniques développées pour alléger le maniement du passager. Il dispose d'un fauteuil roulant dont le siège s'extrait avec la personne et se « clipse » dans l'emplacement réservé. Cela évite les transferts.

C'est un vrai petit bolide…
En effet, doté d'un moteur de 140 cm3 à boites et de 45 cv, il peut faire des pointes à 140 km/h. Le Tandikart offre les mêmes caractéristiques qu'un kart normal dans sa configuration de course. L'objectif de ce projet, à terme, est la démocratisation d'un tel concept sur tout le territoire. À ce jour, 5 karts sont à l'étude.

Tandiboat, prendre le large

Il existe même une version pour prendre le large ? 
Oui, et il s'appelle en toute logique le Tandiboat. C'est un bateau off-shore de 1,2 tonne propulsé par un moteur de 200 cv, actuellement en configuration 4 places. Il s'adapte pour accueillir une personne en situation de handicap et bénéficie du même développement de siège « sans transfert de patient » que le Tandikart. Un portique a été spécialement conçu pour apponter et faciliter la prise en charge d'un passager à bord.
C'est un vrai champion qui participe même à des compétitions…
Il est inscrit au championnat de France off-shore catégorie « V200 PRO ». Cet engin atteint les 60 à 63 nœuds (environ 110 à 115 km/h.) Il est actuellement troisième de sa catégorie au championnat de France. Il est d'ailleurs prévu qu'à terme un co-pilote en situation de handicap soit inscrit lors d'une manche du championnat.

On peut trouver ces deux derniers véhicules dans le commerce ? 
Non, ces deux concepts novateurs sont actuellement en phase de perfectionnement. Ils attendent leur homologation pour une exploitation à grande échelle afin d'offrir des moments inoubliables à tous, en situation de handicap ou valides.

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Sur le web

"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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31/03/2018

SAUVONS PAULINE

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06/11/2017

Voici 5 blogs pour se familiariser avec le handicap, en dessin !

Illustration : The Disabled Life

Vous avez du mal à sensibiliser les gens aux problématiques liées au handicap et vos proches rechignent à lire la bibliographie fournie (et indigeste) sur laquelle vous leur avez conseillé de se pencher ? Voici 5 blogs pour se familiariser avec le handicap, en dessin !

 

Le plus sarcastique : The Disabled Life

Jessica et Lianna, deux soeurs en fauteuil roulant, ont un sacré coup de crayon et un sens de l’autodérision particulièrement savoureux. Elles racontent les galères du quotidien, se jouent des préjugés et égratignent régulièrement l’industrie de la mode…

Le plus mignon : That Deaf Guy

Matt et Kay Daigle racontent les aventures d’une petite famille composée d’un mari sourd, d’une femme entendante et d’un petit garçon EEPS (enfant entendant de parents sourds). Entre maladresses et complicité, « That Deaf Guy » apporte un éclairage original et touchant sur la surdité au quotidien.

Le plus poétique : Les Belles Endormies

Seul blog francophone de cette sélection, « Les Belles Endormies » d’Eleonore Despax séduit d’entrée, avec son humour attendrissant, ses dessins colorés et ses lignes harmonieuses. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si nous vous en avions déjà parlé ici et . Mode, vêtements et shopping font partie des thèmes récurrents de l’illustratrice, à qui l’on doit également les dessins du site Bien à Porter !

Le plus impertinent : Ditzabled Princess

Basé sur la vie de son auteur Jewel Kats et illustré par Katarina Andriopoulos, ce blog met en scène les aventures d’une jeune femme ultra-glamour au tempérament bien trempé, dont l’insolence et le caractère de diva agacent autant qu’ils amusent.

Le plus militant : Suburp Comix

Ce blog aux dessins Bitstrips à l’oeuvre de la maman d’un petit garçon autiste. Le but : sensibiliser les lecteurs et détruire les préjugés, quitte à montrer les dents si besoin !

 

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01/11/2017

invitation à la réunion pour le projet associatif 2018-2023

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15/07/2017

tous les labels n’ont pas un intérêt exceptionnel

Deux certifications garantissant l’accessibilité des bâtiments ont été lancées ces derniers mois. Mais ces deux labels n’ont pas grand chose en commun. Si le Label accessibilité semble réellement ambitieux, la Bac permet, elle, de certifier accessibles des bâtiments qui ne le sont pourtant pas !

La Bac pour tous, c’est pour demain ? La certification Bâtiment accessible certifié (Bac), lancée en grande pompe le 8 juin par l’entreprise I.Cert, avec le soutien de la délégation ministérielle à l’accessibilité (voir encadré), a vocation à ratisser large. Elle peut même être attribuée à des établissements recevant du public (ERP) n’étant pas totalement accessibles aux personnes handicapées…

Une concertation sujette à caution

Le principe d’une certification est de garantir que tel bien ou tel service respecte un cahier des charges. Une manière de les valoriser et de donner des gages de qualité aux usagers ou clients. Pour la Bac, 82 critères ont été déterminés par I.Cert, « en concertation avec des usagers, des professionnels et des experts, précise Sophie Real-Lucenay, la chef de projet Bac. Dont les APF (sic !) ». Ce que dément catégoriquement l’APF. « Notre conseiller accessibilité est allé à une réunion pour voir ce dont il s’agissait mais nous ne cautionnons absolument pas ce label Bac, contrairement à ce que laisse entendre I.Cert », insiste Pascal Bureau, administrateur de l’association.

Certains de ces critères vont au-delà des exigences réglementaires. C’est le cas, par exemple, pour les éléments en saillie sur un cheminement accessible, potentiellement dangereux pour les personnes aveugles et malvoyantes (boîte au lettres, panneau de signalisation ou autre). Alors que l‘arrêté du 8 décembre 2014 n’impose un contraste visuel et un rappel tactile au sol qu’au-delà de 15 cm, I.cert a abaissé ce seuil à 10 cm.

Les « besoins réels » plutôt que le respect des normes ?

D’autres, par contre, reprennent simplement les normes fixées par la loi. Mais ces 82 critères ne recouvrent pas l’intégralité des spécifications réglementaires. « L’attribution de Bac ne passe paspar le contrôle exhaustif du respect de la réglementation en vigueur », assume Sophie Real-Lucenay. Autrement dit, un bâtiment ne se conformant pas à toutes les dispositions techniques prévues par la loi mais remplissant les critères d’I.Cert bénéficiera de la Bac.

Le dossier de presse précise d’ailleurs que la « Bac a vu le jour sur l’idée que l’accessibilité va au-delà du cadre réglementaire, en intégrant des dimensions pragmatiques, de qualités d’usage et de bon sens ». Faut-il donc comprendre que le législateur se serait montré trop tatillon sur certains points ? Et que, a contrario, I.Cert garantirait l’adaptation aux « besoins réels » des personnes handicapées ? On peut en douter au vu de la manière dont l’organisme certificateur traite le cas des dérogations légales dont bénéficient certains bâtiments.

Une sonnette s’il n’y a pas de rampe d’accès

Le préfet a en effet le droit d’autoriser le gestionnaire d’un établissement existant à ne pas se conformer à telle ou telle disposition dans les cas prévus par la réglementation (impossibilité technique, coût trop élevé, etc.). « Cette dérogation étant légalement accordée, il n’y a pas de raison que l’établissement ne puisse prétendre à la certification Bac à partir du moment où il respecte nos critères, explique Sophie Real-Lucenay. Il devra toutefois prévoir une solution alternative. Admettons que, pour des raisons techniques, il n’est pas possible de construire une rampe d’accès à l’entrée d’un hôtel. Il faudra alors qu’une sonnette ou un interphone y soit installés, pour qu’un client puisse demander à  un employé de venir l’aider. » Bac ou l’art de certifier accessible un bâtiment qui ne l’est pas…

Viser la qualité d’usage pour tous, handicapés ou pas

Deux mois plus tôt, Certivéa, une filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment, avait lancé une autre certification : le Label accessibilité, attribuable à tous types de bâtiments (ERP, habitations…). Un nom réducteur car son champ d’investigation dépasse la seule accessibilité aux personnes handicapées. « Le label vise à favoriser la qualité d’usage du bâtiment par tous ses utilisateurs, qu’ils soient ou non handicapés », précise Patrick Nossent, le président de Certivéa.

Il impose donc des exigences en matière de confort visuel, de sécurité ou bien encore de confort acoustique. « Imposer que les espaces ne soient trop bruyants pour assurer une bonne compréhension des échanges profite à tous », souligne Patrick Nossent.

La même entrée pour tous les usagers

Bien sûr, l’accessibilité proprement dite figure également dans le cahier des charges. « Nous ne nous contentons pas du respect des exigences réglementaires, précise le président de Certivéa. Un établissement bénéficiant d’une dérogation ne pourra prétendre à la certification. Pas plus que celui qui prévoit un accès pour les personnes en fauteuil roulant par une entrée annexe et non pas par l’entrée principale. Nous nous inscrivons dans une approche inclusive et non discriminante. »

« Transformer les contraintes en opportunité. »

Le Label accessibilité se veut donc bien plus ambitieux que la Bac. Forcément, l’obtenir est à priori plus évident pour des bâtiments neufs que pour des bâtiments existants, qui représentent l’essentiel du parc. Mais certains, comme le musée de la Poste, se sont engagés dans cette démarche de qualité. « Il faut transformer les contraintes en opportunité architecturale, résume Patrick Nossent. Si on les intègre dès la conception du projet, on peut éviter les surcoûts tout en donnant naissance à des bâtiments où il fait bon vivre ou travailler. » Franck Seuret

Brigitte Thorin est la déléguée ministérielle à l’accessibilité.

Brigitte Thorin : « Mon rôle n’est pas de noter les labels. »

« Les gestionnaires ou propriétaires de bâtiments qui prétendent à une certification s’engagent dans une démarche qualité, explique Brigitte Thorin, la déléguée ministérielle à l’accessibilité. C’est cette dynamique de progrès qui m’intéresse. Et c’est pour ça que j’apporte mon soutien aux organismes certificateurs qui lancent ces labels. Mon rôle n’est ni de les noter, ni de les pousser à se regrouper pour qu’il n’en existe qu’un. Le socle de base doit être le même pour tous – le respect de la réglementation – mais, ensuite, chacun a ses spécificités. Par contre, nous pouvons les aider, si besoin, à aller plus loin ou à rendre leur référentiel encore plus solide. »

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