27/01/2018

Astéréotypie : des chanteurs autistes qui déménagent !

Yohann, Stanislas, Aurélien, et Kévin ont entre dix-neuf et vingt-quatre ans et sont porteurs d'autisme. Ce sont des auteurs talentueux et des artistes hors-pair que l'on surnomme les « 4 fantastiques », réunis au sein du collectif Astéréotypie. Ils ont travaillé d'arrache-pied pour leur second album L'énergie positive des Dieux. Son premier titre, intitulé Colère (vidéo ci-dessous), dénonce le regard que la plupart porte sur l'autisme avec une sincérité profonde.

Une rencontre au détour d'un atelier

Yohann, Stanislas, Aurélien, et Kévin ont entre dix-neuf et vingt-quatre ans, et sont atteints d'autisme. Ce sont des auteurs talentueux et des artistes hors pairs. Leur histoire débute en 2010 à l'institut médico-éducatif de Bourg-la-Reine (92), au détour d'un atelier d'écriture et de poésie. Passionnés de musique, ils décident de monter ensemble un groupe de post-rock-garage, un style de musique tendue, épique, presque cathartique. Le projet est rendu possible grâce au soutien de Claire Mahé et Christophe Lhuillier, éducateurs spécialisés. « On a commencé avec 4-5 jeunes par des textes, pour faciliter l'expression, confie Christophe Lhuillier. Puis j'ai sorti une guitare et commencé à mettre de la musique sur leurs mots. Assez rapidement, ils ont écrit des paroles que je n'attendais pas. Comme « Le cachet », sur le rapport au traitement médicamenteux. C'était très touchant ; j'avais l'intuition que ce qu'ils disaient pouvait intéresser des tas de gens. » Le groupe fait preuve d'une volonté à toute épreuve qui le pousse à donner le meilleur de lui-même. Ce projet éducatif et artistique a permis à ces jeunes de prendre confiance en eux.

Leur univers, leurs pensées…

Parfois durs, souvent drôles, mais toujours poétiques, les textes sont posés sur une musique électrique et post-rock acoustique. Les auteurs évoquent leur univers dans des poèmes au ton décalé mais aux qualités esthétiques certaines. Le son est un mélange de garage-rock qui tabasse et de spoken word, au carrefour du théâtre, de la poésie et de la chanson. L'objectif de ce projet est que les adolescents puissent s'exprimer librement, sans censure ni retenue. Le son, les mots qu'ils emploient, la façon dont ils les prononcent et l'émotion qu'ils dégagent sont puissants et aboutis. Ce sont leurs phrases, leurs idées, travaillées et affinées par eux-mêmes. Les paroles sont universelles et questionnent la réalité. Le collectif parle principalement de l'acceptation de l'autre et des regards en coin. Ils racontent leur sentiment d'exclusion ou de toute puissance, leurs envies, leurs craintes. Les jeunes hommes se succédant au micro, une feuille à la main, clamant des textes parlés avec une intensité profonde. Des mots qui racontent la banalité de leur quotidien dans un univers poétique unique.

Davantage de notoriété

Astéréotypie monte pour la première fois sur scène en 2011, au sein du réseau institutionnel. Leur premier album, sorti en janvier 2013, est le fruit de plus de deux ans de travail pendant lesquels ces jeunes se plient aux contraintes liées à l'écriture et à la pratique musicale. Il est suivi, en 2015, d'un concert au festival Sonic Protest, puis de la première partie de Moriarty à l'Olympia, un groupe qui lui accorde son indéfectible soutien. En 2014, Arthur B. Gillette, l'un des membres de ce dernier, réalise même une création radiophonique sur leur projet pour France culture. Ces expériences enrichissantes permettent au collectif de gagner en notoriété. Cette initiative fait la preuve que le handicap n'est pas un frein et que tout est possible lorsqu'on ne ménage ni sa volonté ni sa passion.

Astéréotypie signe, par la suite, chez Air Rytmo (le label créé par Moriarty), son second album : L'énergie positive des Dieux. Déjà enregistré, sa sortie est prévue le 3 mars 2018. On y retrouve Arthur B. Gillette à la basse.

© Astéréotypie

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

11:36 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2017

les Eurocks 2017 de Belfort déchirent !

Résumé : Le festival des Eurockéennes de Belfort, qui se tiendra du 6 au 9 juillet 2017, renouvelle son opération de mise en accessibilité. Et prévoit un programme haut en couleurs : chansigne, présentation d'un fablab, spectacle d'art numérique, bar sourd..

Par Handicap.fr / Aimée Le Goff, le 


Pour rendre la culture accessible à tous, le festival des Eurockéennes de Belfort remet en place son espace All Access, pour l'inclusion de tous les handicaps. L'événement musical, qui se déroulera du 6 au 9 juillet 2017, et qui accueillera notamment Arcade Fire, la chanteuse Jain et le groupe Phoenix, a créé ce lieu en 2016 pour faire se croiser public valide et en situation de handicap. Il sera ouvert durant toutes les festivités. Cette année, c'est Grégory Cuilleron, chef-cuisinier privé d'un membre et ambassadeur de l'Agefiph (fond dédié à l'emploi des personnes handicapées), qui est parrain de l'évènement (vidéo ci-dessous).

Chansigne et prothèses 3D

Quoi de neuf pour 2017 ? Une programmation variée, avec la présence de Laëty Tual, interprète de morceaux en chansigne. Pour les Eurockéennes, l'artiste a imaginé un set inédit de différents morceaux en langue des signes. Les festivaliers auront également l'occasion de rencontrer les membres du fablab rennais My human kit, qui conçoit des aides techniques grâce à l'impression 3D (lire article en lien ci-dessous). L'association présentera son projet Bionicohand, une prothèse de membre supérieur à commande musculaire, ainsi que son concept de « ressenti sonore », un ensemble d'instruments permettant de ressentir les sons et la musique en utilisant la vue, l'odorat et le toucher.

Art numérique et langue des signes

Un bar sourd permettra à tous les festivaliers de commander en langue des signes. Il sera tenu par les membres sourds et malentendants du Conseil départemental handisport du territoire de Belfort. Autre expérimentation, inédite cette fois-ci : le projet sonore de Weydo, alias Gilles Marivier, réalisé à partir d'objets connectés et de capteurs sensibles aux mouvements du corps. Un système musical destiné aux structures de soin... L'artiste présentera son spectacle, baptisé Dark, à l'occasion de l'événement. À découvrir !

© Eurockéennes de Belfort

17:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

14/03/2016

composition de musique à la portée des handicapés moteurs

Eye Conductor met la composition de musique à la portée des handicapés moteurs

 

Composer de la musique pas au doigt mais à l'œil, c'est ce que permet le projet Eye Conductor, littéralement l'œil chef d'orchestre.

S'il peut servir à n'importe qui, le projet Eye Conductor se destine en premier lieu aux handicapés moteurs. Il permet à des tétraplégiques d'exprimer leur créativité en composant et en jouant de la musique électronique.

Eye Conductor

On connait le physicien Stephen Hawking, qui saisit du texte en regardant une lettre, puis un mot, etc. Andreas Refsgaard, un interaction designer danois, a transposé ce concept à la composition de musique électronique.

Il utilise pour sa part un appareil de suivi oculaire à 100 euros (l'Eye Tribe Tracker, danois lui aussi) et l'agrémente d'une technologie de reconnaissance des mouvements du visage, à partir d'une caméra vidéo (telle qu'une webcam). L'utilisateur peut ainsi jouer des notes en regardant successivement les touches d'un clavier circulaire, et ajouter simultanément des effets en faisant varier l'ouverture de sa bouche par exemple. La solution inclut aussi un séquenceur, qui permet de composer une rythmique en regardant 2 s les cases d'un tableau.

L'Eye Conductor n'est encore qu'au stade de recherche, mais son concepteur espère lancer une application Web courant 2016.

Eye Conductor

 

15:49 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2015

Eurovision 2015: la Pologne représentée par une chanteuse en fauteuil roulant

MUSIQUE - Ses concerts attiraient un public fidèle, mais un accident de voiture a brusquement interrompu sa carrière et l'a clouée sur une chaise roulante. Le 23 mai, Monika Kuszynska représentera la Pologne à l'Eurovision, pour "chanter un message d'encouragement" à tous les handicapés. "Je considère ma prestation comme un témoignage, pour dire qu'on peut ne pas se laisser abattre et vivre pleinement même quand la vie nous soumet à une dure épreuve", déclare à l'AFP cette chanteuse polonaise de 35 ans.

Monika Kuszynska débute sur scène en 1999. Deux ans plus tard, elle rejoint le groupe Various Manx, populaire en Pologne à l'époque. Elle y est chanteuse et auteur de textes. En 2002, le groupe remporte le Baltic Song Contest à Karlshamn, en Suède, ses disques se vendent bien. Le rêve vire au cauchemar en mai 2006, quand la voiture conduite par le leader du groupe heurte un arbre, après un concert, par une soirée pluvieuse.

"Un endroit où je pourrai agir de manière plus large"

Atteinte à la colonne vertébrale, la chanteuse subit plusieurs interventions chirurgicales, mais reste condamnée à la chaise roulante. Elle se reprend lentement. Finalement, cinq ans plus tard, elle remonte sur les planches. Son premier disque en solo, sorti en 2012, porte le titre d'"Ocalona" ("Sauvée"). Monika Kuszynska participe depuis à différentes actions artistiques et caritatives en faveur de la tolérance et de l'intégration des personnes handicapées.

"J'ai hésité quand on m'a proposé de participer à l'Eurovision. Je n'aime pas les concours de chansons. Mais tout de suite après j'ai pensé que c'est un endroit où je pourrai agir de manière plus large. Tout a une signification dans la vie et la vie nous apporte différents cadeaux", explique-t-elle.

Pour l'édition 2015 à Vienne, qui a pour mot d'ordre "Construire des ponts" (Building Bridges), Monika Kuszynska a écrit avec son mari la chanson "In the name of love" ("Au nom de l'amour"). Son titre polonais "Obudź się i żyj" signifie "Réveille-toi et vis !" "Dans sa version anglaise, la chanson parle de ponts qu'il faut construire pour surmonter la peur car c'est la peur qui est le plus grave de nos handicaps" : "La peur paralyse davantage que la paralysie", clame la chanteuse.

 

17:46 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)