30/11/2016

P. Croizon : dévoile des jouets et poupées "handicapés"

Résumé : Le handicap est parfois "un jeu d'enfant". Dans sa chronique du 22 novembre 2016 du Magazine de la santé, Philippe Croizon dévoile les jouets et poupées conçus à l'image des enfants différents. Des idées pour Noël, sujettes parfois à polémique..

 

Philippe, c'est bientôt Noël alors vous avez décidé de retomber en enfance…
En effet, je vais vous présenter de jolies poupées et plein de figurines.

C'est très touchant, Philippe, de vous voir faire mumuse en direct mais j'ai peur que vous ne soyez un peu hors-sujet. Quel rapport avec le handicap ?
Vous allez comprendre… Je ne suis pas là pour vous parler de la sublime Barbie, aussi blonde, parfaite, qu'anorexique, ou du super-héros bardé de pectoraux mais de tous ces jouets qui sont conçus à l'image des enfants en situation de handicap.

Ah bon, cela existe ?
Oui, c'est une nouvelle tendance, un peu timide mais qui commence à prendre de l'essor au point que certaines multinationales du jouet s'y mettent. La plus emblématique d'entre elles, c'est Lego. En 2016, la célèbre marque danoise lance sa boite « City » dans laquelle les enfants pourront découvrir une figurine en fauteuil roulant. Qui a le sourire aux lèvres…

Comment est née cette idée ?
On la doit à une campagne menée en Angleterre, « A toy like me », c'est-à-dire, en français, « Un jouet comme moi ». Elle travaille sur la représentation positive des personnes handicapées dans la société et, parce qu'elle juge essentiel de sensibiliser les futurs citoyens dès l'enfance, promeut les jouets à l'image des enfants différents. Il a fallu la mobilisation du web et une pétition signée par plus de 20 000 internautes, lancée en 2015, pour que l'univers du jouet commence à prendre en compte cette question.

Un autre « monstre » du jouet s'empare également du concept, c'est Playmobil.
Oui, ce fabricant a, lui aussi, rejoint cette campagne et lancé des bonshommes en situation de handicap : figurines en chaise roulante ou tenant un chien-guide. Ses designers reçoivent une centaine de lettres et de dessins d'enfants par mois, qui expriment leur souhait sur les thèmes avec lesquels ils aimeraient jouer. Et pas seulement des pirates, des chevaliers et des princesses…

Vous avez reçu, par exemple, leur nouvelle boite « hôpital pédiatrique ».
Pour Playmobil, il s'agit d'un thème de la vie moderne, tout comme la boite « radiologie » ou « maternité ». Cela permet aux enfants de s'inventer des histoires ancrées dans la vie réelle, et éventuellement aux parents de dédramatiser une future hospitalisation ou de parler plus sereinement de problèmes de santé avec leurs enfants. Mais aussi de la manière de se comporter face aux handicaps des autres.

En Angleterre, un fabricant va encore plus loin en proposant des poupées sur mesure, avec un handicap au choix…
Il s'appelle Makies. Elles portent une tâche de naissance, une cicatrice, une prothèse auditive ou se déplacent avec une canne. Une version en fauteuil roulant est même annoncée par la marque. Le fabricant utilise des imprimantes 3D pour pouvoir proposer des modèles uniques ; les parents peuvent ainsi commander ces « Makies dolls » sur mesure au prix de 69 livres. Livrées en moins d'une semaine !

Mais ceux qui frappent très fort, ce sont les Suédois. Ils lancent une poupée « attardée » qui n'est pas du goût de tous.
Ce surprenant poupon porte le nom de Gil. Le message, affiché sur l'emballage, ne fait pas vraiment dans la dentelle : « Traitez-la comme une vraie débile » ! Elle est vendue par la Coopérative de Gothenburg pour la vie indépendante des personnes handicapées, spécialiste de la diffusion de matériel spécialisé. L'association, refusant toute forme de discrimination positive, a décidé de créer cette poupée « attardée ». Ce parti-pris a suscité, évidemment, une vaste polémique internationale mais, en attendant, plus de 300 pièces ont été écoulées.

Et pourquoi pas une poupée porteuse de trisomie 21 ?
Eh bien elle existe, depuis 2013. Cette idée inédite est celle de la maman de Hannah, une américaine atteinte de trisomie 21. Elle souhaitait que sa fille, âgée de 13 ans, puisse choyer un poupon qui lui ressemble. Après s'être assurée qu'aucun modèle n'existait sur le marché et face au succès rencontré par son prototype, elle a décidé de créer une ligne dédiée. Elle se décline en deux versions, boy or girl !

Maintenant, vous allez nous proposer la minute émotion….
C'est en effet l'histoire d'Emma, une petite fille texane qui reçoit le jour de son anniversaire une poupée qui lui ressemble (article et vidéo en lien ci-dessous). Elle est amputée d'une jambe, comme elle. Submergée par l'émotion, elle ne cesse de répéter « Merci ! Merci de l'avoir faite tout comme moi ! ». Cette commande sur mesure a été réalisée par une société spécialisée dans les prothèses… à taille réelle !

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette option fait polémique puisque certains recommandent de ne pas offrir de jouet handicapé à un enfant handicapé…
En effet, de nombreux psys assurent qu'un enfant rêve de grandeur et de pouvoirs. Le super-héros ou la princesse incarnent une sorte d'idéal qui l'aide à supporter les frustrations et lui donnent envie de grandir. Or ce type de personnage, qu'il voit comme plus « faible », l'enfermerait dans son image de personne invalide. Il risque aussi de penser que ses parents, son entourage ne le voient que comme ça. En réalité, les jouets « handicapés » sont très utiles mais pour les enfants valides afin de les sensibiliser à la situation de handicap et ainsi en faire une situation « normale » !

Et puis, en dehors des « jouets en situation de handicap », il y aussi tous ceux qui sont conçus pour les enfants handicapés…
Oui, ils proposent des textures, des formes, des utilisations adaptées qui permettent d'éveiller les aptitudes des enfants, quelles que soient leurs fragilités. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les sens. Des distributeurs se sont spécialisés sur ce marché, en France, comme Hoptoys ou Oxybul.

 

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Sur Handicap.fr

18:03 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0)

21/10/2016

Handicap mental, un jeu pour encourager l'autodétermination

 

Jeu vidéo interactif à visée pédagogique, sociale ou thérapeutique, le serious game ou « jeu sérieux », va au-delà du divertissement. Celui intitulé « C'est ma vie, je la choisis ! », soutenu par la FIRAH (Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap), a été mené par l'Université de Bordeaux, l'Université de Mons (Belgique) et la Fédération Trisomie 21. Il a pour objectif d'aider les personnes en situation de handicap mental à effectuer des choix et à prendre des décisions de façon autonome.

Qu'est-ce que choisir ?

« Choisissez-vous vos amis, vos repas, votre amoureux ? », « Choisir votre travail, est-ce prendre un risque ? »… Après de courtes séries de questions posées via la plateforme, des petits résumés s'affichent  afin d'orienter l'utilisateur dans sa réflexion et de l'encourager à prendre plus de décisions au quotidien. Par exemple, « choisir, c'est avoir des émotions. Quand je décide de mon choix, j'ai plein d'émotions ». Trois autres volets sont ensuite proposés à l'internaute : « Ma vie », « Ce qui est le plus important pour moi » et « Mon projet ». L'écriture de son projet de vie est également encouragée. À la fin du jeu, une fiche récapitulative des réponses apportées peut être téléchargée depuis le site.

Outil numérique innovant, ce serious game est l'un des premiers qui propose d'accompagner les personnes en situation de handicap intellectuel. Habituellement, les applications sont pensées pour rendre la personne autonome dans une tâche précise décomposée en plusieurs étapes (lavage de dents, courses …). Ici, il est question de la guider directement dans ses choix en se posant les bonnes questions. Avec, pour idée principale, la transmission des savoirs nécessaires afin de prendre ces décisions de manière indépendante.

Conçu avec des personnes trisomiques

Sur la page d'accueil du site, une vidéo de présentation du jeu est disponible pour présenter ses caractéristiques et son utilisation. Il est possible, par exemple, de jouer seul ou avec quelqu'un de confiance. On y trouve également des idées de projet pour le logement, le travail, la vie familiale, les activités… Disponible en libre accès sur Internet, l'outil a été conçu en collaboration avec des personnes porteuses de trisomie, afin de faciliter la navigation. Il est personnalisable et facilement accessible aux non lecteurs. Une vidéo de présentation est disponible sur la page d'accueil du site, pour expliquer en quelques minutes la marche à suivre et les objectifs de cet outil. Les images et les textes sont audio-décrits, rédigés en Facile à lire et en facile à comprendre (FALC).

Ludique, interactive, cette interface s'adresse donc à toutes les personnes en situation de déficience intellectuelle. Fruit de recherches appliquées sur le handicap et plus particulièrement sur les troubles mentaux, « C'est ma vie, je la choisis ! » veut aller plus loin ; il devrait être accompagné, dans les mois à venir, d'un livret « J'apprends à choisir »également produit au cours des travaux de recherche. Il sera téléchargeable sur le site de la Fédération Trisomie 21 France.

© « C'est ma vie, je la choisis ! »

16:39 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0)

01/09/2016

Association des Paralysés de France

HandiDon 2016 : c’est parti !


Participez au grand jeu solidaire de l’APF en vous procurant des tickets-dons auprès des structures de l’association ou sur le site internetwww.handidon.fr !


A gagner : 1 Peugeot 108, des séjours de vacances en France et à l’étranger, dont à New-York, 1 vélo électrique, des smartphones dernière génération, des entrées à Disneyland® Paris et plein d’autres cadeaux !
Merci à nos partenaires : Société Générale & Vous, Disneyland® Paris,PriceMinister-Rakuten, Conforama, France Bleu, Helpevia, Peugeot,Mutuelle Chorum, Restalliance, Tessi documents services, Sodexo France, Biogen, JLI , Belambra, Présence Verte, Solware, UCPA, Sylvie Thiriez France, Enedis, Adecco Medical, énergem - fournisseur d'énergies, Fiducial et Bristol-Myers Squibb.

Une chance pour vous, une chance pour nous !
On compte sur vous :-)

 

16:00 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0)

14/12/2015

Toy like me

« Toy like me » continue de militer pour des jouets représentant le handicap.

 

« Toy like me » continue de militer pour des jouets représentant le handicap

 

SUITEau succès de sa première campagne de sensibilisation, Toy like me interpelle Lego, le leader mondial du jouet pour qu’il innove en matière de représentation de la diversité. Selon eux, tous les enfants, y compris en situation de handicap, doivent pouvoir se reconnaître dans les jouets qu’ils utilisent.

Des poupées avec une canne blanche, une prothèse auditive ou une tache de naissance sur le visage ? Des Playmobil en fauteuil roulant ou accompagnés d’un chien guide d’aveugle ? Des jouets qui existent déjà ou qui devraient voir le jour prochainement. Voilà de quoi se réjouir à deux semaines de Noël, période bénie pour ce type d’achats. Environ 110 millions de jouets ont été vendus en 2014.
Forte de sa notoriété acquise en avril 2015, Toy like me (« Un jouet qui me ressemble »), une campagne de sensibilisation pour une plus grande diversité dans les rayons desMAGASINS de jouets, se relance dans la bataille en publiant un calendrier de l’Avent renvoyant sur la boîte à idées de Lego. Objectif : faire réagir le leader mondial du jouet qui reste silencieux à ses sollicitations.

Une industrie du jouet excluant les enfants handicapés

En effet, en dépit des 150 000 millions d’enfants vivant avec un handicap dans le monde, l’industrie du jouet peine à s’emparer durablement de cette thématique. C’est ce que dénonce Toy like me, initiée par Rebecca Atkinson, journaliste, et deux de ses amis, parents d’enfants en situation de handicap. « L’industrie du jouet exclut les enfants handicapés. Nous voulons changer cela », explique-t-elle.

Largement relayée sur les réseaux sociaux, Toy like me a récolté en quelques mois plus de 27 000 likes sur sa page Facebook. De nombreux parents soutiennent le mouvement. « Nous souhaitons créer un terrain de jeu plus inclusif pour tous les enfants, souligne Rebecca Atkinson. Pour ceux avec un handicap qui se reconnaîtront enfin dans les allées du magasin de jouets et pour les enfants valides qui pourront mieux appréhender la différence. »

Toy Like Me a détourné des jouets existants pour sensibiliser à la cause du handicap ©Beth Moseley Photography

Toy like me a détourné des jouets existants pour sensibiliser à la cause du handicap. © Beth Moseley Photography

SUITEà la première campagne du mois d’avril 2015, un fabricant de jouets britannique Makies a créé une nouvelle gamme de poupées présentant un handicap. Utilisant la technologie des imprimantes 3D pour concevoir ses modèles, le fabricant propose des exemplaires uniques avec implants cochléaires et appareils auditifs. Suite à la pétition lancée par Toy like me, Playmobil s’est également engagé à fabriquer des figurines handicapées. Sur sa page Facebook, Playmobil UK a annoncé qu’une collection de Playmobil verrait le jour prochainement. En 2016-2017, espère Rebecca Atkinson.

En finir avec une vision temporaire et gentillette du handicap

Le handicap vu comme transitoire © Playmobil

Le handicap vu comme transitoire. © Playmobil

Jusqu’à présent la vision du handicap selon Playmobil se résumait à un jeune garçon avec une jambe et le bras cassés dans un fauteuil roulant poussé par son papa. « Que cela raconte-t-il aux enfants ?, s’insurge Rebecca Atkinson. Que le handicap de l’enfant se résume à quelques semaines avec une jambe dans le plâtre puis disparaît ? » Un peu gentillette…

Du côté de Playmobil France, on répond que « les figurines ne sont pas en fabrication et n’existent donc pas actuellement ni en Grande-Bretagne ni en France ». Selon le service de presse que nous avons sollicité, «il s’agit de l’une des pistes de la boîte à idées des designers. Nous espérons que cette collection verra bientôt le jour ». Toy like me y croit fermement et espèreMAINTENANT que d’autres fabricants, comme Lego et Mattel, rejoindront Playmobil.

Le fauteuil de poupée handicapée ne rentrait pas dans l’ascenseur de la maison de Barbie

Barbie fauteuil roulant

Espérons que ces bonnes nouvelles ne fassent pas long feu, comme la Barbie langue des signes ou la poupée paraplégique. En mai 1997, Mattel met sur le marché une amie de Barbie. Baptisée Becky Share a smile (Becky partage un sourire), et vendue exclusivement aux États-Unis, elle se déplace en fauteuil roulant rose et violet et joue le rôle de photographe de son école. Malgré tous les soins accordés à sa conception, l’initiative fait l’objet de moqueries et la poupée est retirée.
En effet, un adolescent handicapé a remarqué que le fauteuil de ladite poupée handicapée ne rentrait pas dans l’ascenseur de la maison de Barbie. Un petit détail négligé par les concepteurs. Quand la fiction rejoint la réalité… Claudine Colozzi

13:14 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2015

Jeux / Activités accessibles en mode défilement sous IOS 9 (vidéo )

Accessible Gaming propose une vidéo assez exceptionnelle, montrant tout un panel de jeux et activités jouables en mode défilement sur tablette iPad fonctionnant sous IOS 9, grâce aux options d'accessibilités proposées par Apple.
Vidéo en anglais : les références des jeux et activités présentés, peuvent être consultées depuis le site qui héberge la vidéo (iCi), ou depuis le site switchgaming.blogspot.fr (GB), sur lequel nous avons découvert cette vidéo : Switch Recipes Ideas
(C'a donne des idées : actuellement, nous testons l'application musicale traduite en français, Beamz ).

Pour en savoir plus sur les options d'accessibilité en mode défilement disponibles sur les tablettes iPad récentes (IOS 9) :
- en anglais : vidéos tutorielles sur http://www.oneswitch.org.uk/2/I/iOS/iOS-RECIPES.htm
- en français : doc pdf et vidéos sur : http://www.lestactiles.be/category/moteur/ios-moteur/

Source : http://switchgaming.blogspot.fr/2015/11/switch-recipes-id...

15:14 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (0)